La maladie de Darier

Cet article reprend intégralement le résumé de la page Maladie de Darier – Orphanet, éditée sous l’expertise du Pr. Alain Hovnanian.


Définition

La maladie de Darier est une maladie de la kératinisation caractérisée par le développement de papules kératosiques dans les régions séborrhéiques et par des anomalies unguéales caractéristiques.

Epidémiologie

Sa prévalence est estimée à environ 1/50 000.

Description clinique

En général, la maladie débute autour de la puberté. Les patients présentent des papules kératosiques grasses et colorées (jaune-brun ou brun), isolées ou formant des plaques. Les lésions cutanées sont souvent infectées, malodorantes et responsables d’un inconfort sévère. Elles peuvent être aggravées par l’exposition au soleil ou aux sources artificielles d’UVB, la chaleur, la sudation, la friction et les infections. Les sites de prédilection sont les zones séborrhéiques du tronc et du visage : le haut du buste, le dos, les côtés du cou, le front, les oreilles et le cuir chevelu. Souvent, les zones de flexion sont également atteintes (l’aine, les creux axillaires, la région anogénitale). Des papules discrètes peuvent aussi être présentes sur le dos des mains et des pieds. Un examen attentif des paumes et plantes révèle souvent de petites dépressions ou une kératose ponctuée qui sont fortement évocatrices de la maladie de Darier, sinon pathognomiques. Les anomalies unguéales sont presque toujours présentes et très évocatrices de la maladie. Les ongles sont fragiles et ont une encoche en V. Ils présentent des rayures longitudinales rouges et blanches caractéristiques et une hyperkératose subunguéale. De petites papules blanchâtres, en général très groupées (leucoplasie), peuvent être présentes au niveau du palais dur, de la muqueuse buccale, de l’oesophage, de la vulve et du rectum. Les patients ont une prédisposition accrue aux infections herpétiques et aux infections pyogéniques. La sévérité de la maladie est très variable, même entre individus d’une même famille.

Etiologie

La maladie de Darier est due à des mutations du gène ATP2A2 (12q23-q24.1) codant pour une pompe à calcium du réticulum endoplasmique. Des formes segmentaires de la maladie qui correspondent à des mosaïques ont été décrites. A ce jour, aucun cas de transmission de forme localisée en forme généralisée n’a été décrit.

Méthode(s) diagnostique(s)

Le diagnostic repose sur la présence, à l’examen histologique d’une biopsie de lésion cutanée, d’une hyperkératose, d’une dyskératose focale et d’une acantholyse suprabasale.

Diagnostic(s) différentiel(s)

Le diagnostic différentiel inclut la maladie d’Hailey-Hailey (voir ce terme), la dermatose acantholytique transitoire, le pemphigus et la dyskératome verruqueux (voir ce terme).

Conseil génétique

La transmission est autosomique dominante. Un conseil génétique doit être proposé, bien que, dans la majorité des cas, le diagnostic prénatal ne soit pas indiqué.

Prise en charge et traitement

La prise en charge est symptomatique. Les patients doivent éviter le soleil et la chaleur. Les émollients contenant de l’urée ou de l’acide lactique peuvent réduire les lésions lorsqu’elles sont limitées. L’application locale de trétinoïne ou d’isotrétinoïne améliore l’hyperkératose, mais le risque d’irritation en limite l’utilisation. Les corticostéroïdes locaux peuvent réduire l’irritation, mais ils ne sont pas efficaces seuls. Les rétinoïdes, tels que le tazarotène, sont souvent mieux tolérés. Dans les cas sévères, l’acitrétine (rétinoïde oral) est le traitement le plus efficace, mais ses éventuels effets secondaires doivent être surveillés. Une aide psychologique adaptée peut être nécessaire, des états dépressifs ou des manifestations neuropsychiatriques ayant été rapportés.

Pronostic

La maladie est récidivante et d’évolution chronique. Elle peut entraîner un handicap social important.