Les maladies

Hailey-Hailey     –     Darier

Maladie de Hailey-Hailey

Hugh Edward Hailey et William Howard Hailey

C’est une maladie de la peau génétique (très rarement des muqueuses).

De petites vésicules et des lésions peuvent se créer sous les aisselles, aux creux de l’aine, aux plis des bras et des jambes, sous les seins, dans le cou… surtout là où il y a transpiration et frottement. Ces lésions peuvent couler. Elles sont parfois très gênantes dans la vie quotidienne.

La maladie est récidivante. Elle peut disparaître quand il fait froid, puis réapparaître à d’autres périodes de la vie (grosse chaleur, choc moral, stress important, grosse contrariété…).

La maladie de Hailey-Hailey, bien que souvent encore appelée à tort « pemphigus bénin familial« , n’est pas un pemphigus.

C’est une maladie génétique. Elle est due à la mutation d’un gène qui peut être transmissible aux enfants. Les premiers symptômes n’apparaîssent souvent qu’à l’âge adulte.

Plusieurs membres d’une même famille peuvent en être atteints, d’où le qualificatif de « familial ».

Il faut savoir qu’à la différence de la maladie de Hailey-Hailey, les Pemphigus eux sont des maladies auto-immunes acquises et non des maladies génétiques.
Le système immunitaire des malades atteints d’un Pemphigus créent des auto-anticorps spécifiques qui attaquent leur peau et leurs muqueuses. On retrouve ces auto-anticorps en faisant l’analyse d’un petit morceau de peau par immunofluorescence directe.

Les malades de la maladie de Hailey-Hailey ne créent pas d’auto-anticorps spécifiques. Les analyses en immunofluorescence directe est négative.

De ce fait, la façon de faire le diagnostic et les types de traitements pour la maladie de Hailey-Hailey sont très différents de ceux des pemphigus. Cette maladie doit être traitée de préférence, par les dermato-généticiens dans le cadre de l’hôpital.

Des recherches sont en cours pour définir les causes possibles du dérèglement génétique concerné par cette maladie. Le Professeur Alain Hovnanian (Institut Imagine à Paris) pense qu’une des causes probables de cette maladie pourrait être modifiable.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire la conférence du Prof Caux à la rubrique « Les conférences-débats » dans la rubrique « l’association » du site de l’APPF : Association Pemphigus Pemphigoïde France


Maladie de Darier

Ferdinand-Jean Darier
Cet article reprend intégralement le résumé de la page Maladie de Darier – Orphanet, éditée sous l’expertise du Pr. Alain Hovnanian.

Définition

La maladie de Darier est une maladie de la kératinisation caractérisée par le développement de papules kératosiques dans les régions séborrhéiques et par des anomalies unguéales caractéristiques.

Epidémiologie

Sa prévalence est estimée à environ 1/50 000.

Description clinique

En général, la maladie débute autour de la puberté. Les patients présentent des papules kératosiques grasses et colorées (jaune-brun ou brun), isolées ou formant des plaques. Les lésions cutanées sont souvent infectées, malodorantes et responsables d’un inconfort sévère. Elles peuvent être aggravées par l’exposition au soleil ou aux sources artificielles d’UVB, la chaleur, la sudation, la friction et les infections. Les sites de prédilection sont les zones séborrhéiques du tronc et du visage : le haut du buste, le dos, les côtés du cou, le front, les oreilles et le cuir chevelu. Souvent, les zones de flexion sont également atteintes (l’aine, les creux axillaires, la région anogénitale). Des papules discrètes peuvent aussi être présentes sur le dos des mains et des pieds. Un examen attentif des paumes et plantes révèle souvent de petites dépressions ou une kératose ponctuée qui sont fortement évocatrices de la maladie de Darier, sinon pathognomiques. Les anomalies unguéales sont presque toujours présentes et très évocatrices de la maladie. Les ongles sont fragiles et ont une encoche en V. Ils présentent des rayures longitudinales rouges et blanches caractéristiques et une hyperkératose subunguéale. De petites papules blanchâtres, en général très groupées (leucoplasie), peuvent être présentes au niveau du palais dur, de la muqueuse buccale, de l’oesophage, de la vulve et du rectum. Les patients ont une prédisposition accrue aux infections herpétiques et aux infections pyogéniques. La sévérité de la maladie est très variable, même entre individus d’une même famille.

Etiologie

La maladie de Darier est due à des mutations du gène ATP2A2 (12q23-q24.1) codant pour une pompe à calcium du réticulum endoplasmique. Des formes segmentaires de la maladie qui correspondent à des mosaïques ont été décrites. A ce jour, aucun cas de transmission de forme localisée en forme généralisée n’a été décrit.

Méthode(s) diagnostique(s)

Le diagnostic repose sur la présence, à l’examen histologique d’une biopsie de lésion cutanée, d’une hyperkératose, d’une dyskératose focale et d’une acantholyse suprabasale.

Diagnostic(s) différentiel(s)

Le diagnostic différentiel inclut la maladie d’Hailey-Hailey (voir ce terme), la dermatose acantholytique transitoire, le pemphigus et la dyskératome verruqueux (voir ce terme).

Conseil génétique

La transmission est autosomique dominante. Un conseil génétique doit être proposé, bien que, dans la majorité des cas, le diagnostic prénatal ne soit pas indiqué.

Prise en charge et traitement

La prise en charge est symptomatique. Les patients doivent éviter le soleil et la chaleur. Les émollients contenant de l’urée ou de l’acide lactique peuvent réduire les lésions lorsqu’elles sont limitées. L’application locale de trétinoïne ou d’isotrétinoïne améliore l’hyperkératose, mais le risque d’irritation en limite l’utilisation. Les corticostéroïdes locaux peuvent réduire l’irritation, mais ils ne sont pas efficaces seuls. Les rétinoïdes, tels que le tazarotène, sont souvent mieux tolérés. Dans les cas sévères, l’acitrétine (rétinoïde oral) est le traitement le plus efficace, mais ses éventuels effets secondaires doivent être surveillés. Une aide psychologique adaptée peut être nécessaire, des états dépressifs ou des manifestations neuropsychiatriques ayant été rapportés.

Pronostic

La maladie est récidivante et d’évolution chronique. Elle peut entraîner un handicap social important.

Points communs et différences entre les deux maladies

Document relu  par le Professeur HOVNANIAN,  Directeur du laboratoire des maladies génétiques cutanées – service de génétique Institut IMAGINE – PARIS
Points communs:
  • Ce sont  des maladies génétiques rares de la peau et parfois des muqueuses non contagieuses.
  • Le malade a un risque sur deux de transmettre la maladie à ses enfants.
  • Ce sont des maladies génétiques dues à l’anomalie d’un gène, c’est la raison pour laquelle, le patient va garder la maladie toute son existence. Elles sont donc chroniques, mais, il peut y avoir des variations comme une amélioration ou une dégradation au cours de la vie.
  • La chaleur, l’humidité, le soleil, les frottements, la sudation, les infections, le stress sont souvent des facteurs aggravants.
  • Ces maladies sont douloureuses lors des poussées. Elles  peuvent se compliquer d’infections bactériennes, mycosiques et/ou virales.
  • Ces pathologies sont peu ou mal connues y compris des médecins.
  • Un suivi chez un dermatologue est nécessaire.
  • Le diagnostic est confirmé grâce à une biopsie de peau (prélèvement d’un petit fragment de peau réalisé sous anesthésie locale). Ce fragment est ensuite analysé au microscope. Cet examen permet de mettre en évidence une anomalie  spécifique : la perte de cohésion des cellules de la couche superficielle de la peau. Les cellules de l’épiderme  se détachent les unes des autres (acantholyse).
  • L’utilisation d’antibiotiques (tétracyclines) est utile en cas de lésions étendues, multiples et  ou surinfectées.

Différences :

  • La  maladie de Hailey-Hailey débute le plus souvent vers 30-40 ans alors que la maladie de Darier peut se déclarer à l’adolescence. Cependant des débuts plus précoces peuvent être possibles.
  • La maladie de Hailey-Hailey se manifeste sous forme  d’érosions, de vésicules ou de bulles situées  sous les aisselles, dans les plis inguinaux (aine), sous mammaires (sous les seins) et périnéaux (scrotum, vulve)…
  • La maladie de Darier se manifeste sous forme de petites lésions sèchesen relief (ou papules) de couleur brun-jaune recouvertes d’une croûte grisâtre. Le regroupement de ces papules aboutit à la formation de «nappes» épaisses avec des fissures, le plus souvent situées sur les zones séborrhéiques : le front, le cuir chevelu, le tronc, les grands plis (aine, aisselles).
  • Il n’y a pas de traitement spécifique pour la maladie de Hailey-Hailey, mais l’assèchement des zones atteintes est essentiel. Celui-ci  est souvent obtenu par une corticothérapie locale forte (crème aux corticoïdes). Pour les formes plus sévères, des traitements tels que le laser CO2 ou les injections de toxine botulique, etc… peuvent être proposés.
  • Les soins de base de la maladie de Darier consistent en l’administration de rétinoïdes (médicament dérivé de vitamine A). La dermabrasion (frottement mécanique de l’épiderme), le laser ou greffe de peau peuvent être nécessaire.